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L’ histoire d’un projet de solidarité.


posté le 27 février, par Vans

En avril, des collégiennes et des lycéens de Seine-Saint-Denis se voient ouvrir une lucarne sur la Palestine au cœur d’un projet d’échanges sportifs et culturels mené par la FSGT 93. Une manière de continuer de faire vivre l’idée que les matches sont aussi des rencontres…

Dix-huit adolescents amenés à voyager en Palestine, dans le cadre du projet «  Je joue, je rencontre le monde  » conduit par la FSGT 93, c’est forcément une foire aux questions avant de boucler ses valises pour le grand départ prévu le 31 mars prochain. Et ce sont souvent des interrogations devant l’inconnu qui reviennent : « En fait, je me dis que là-bas, ce ne sera pas le Club Med », sourit par exemple Djaffar, 17 ans, un des élèves du lycée polyvalent d’Alembert à Aubervilliers, engagé dans le futur périple d’une dizaine de jours. « Mais bon, à part quelques infos écoutées comme ça à la télé, je ne savais pas grand-chose de la Palestine jusque-là. J’ai commencé à m’intéresser au sujet, mais ce que je veux maintenant, c’est découvrir par moi-même. En plus, on pourra aussi jouer au foot…  »

« Voir les choses en vrai... »

En quelques mots, Djaffar a résumé tout l’esprit du projet d’échanges. « C’est celui, tout simplement, d’une fédération sportive dont le rôle est aussi d’utiliser le jeu sportif pour créer des ouvertures sur le monde  », appuie Clément Rémond, le co-président de la FSGT 93.

Ce projet soutenu par le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, mais également par l’Europe et son programme Erasmus + pour l’éducation, la formation, la jeunesse et le sport, aboutit concrètement à cette rencontre bilatérale entre d’un côté des jeunes Palestiniens et de l’autre douze lycéens de la section foot d’Aubervilliers et six handballeuses FSGT de Clichy-sous-Bois.
Avec en quelque sorte un temps d’avance pour les six jeunes Clichoises qui ont accueilli une délégation de jeunes Palestiniennes de Jénine en 2016 au moment de l’Euro Foot. Un moment que prolongent depuis régulièrement Océane et Diarra, 14 et 15 ans, via les réseaux sociaux. « On continue de s’envoyer des photos, d’échanger sur notre quotidien, parce qu’un vrai lien s’est créé avec elles lors de leur venue en France », racontent-elles quasiment de concert. « Mais, maintenant, on est un peu pressées d’aller là-bas, parce que c’est toujours mieux de voir les choses en vrai.  »

Des clés pour comprendre

En vrai et de près, de très près même. « Je fais un peu mon « relou » là-dessus, sourit Bruno Cremonesi, le coordonnateur du projet, « mais ce n’est pas juste : on va là-bas, on tape la balle ensemble et voilà.... Non, il faut que chacun de son côté, les jeunes du club de Takhafi Tulkarem en Palestine et ceux de la FSGT 93 se préparent au voyage, à la rencontre. C’est pour ça que côté français, on leur donne de vraies clés de lecture pour bien comprendre le conflit israélo-palestinien. Qu’ils comprennent que le peuple palestinien a des droits culturels, sportifs comme tous les peuples. Et ça, c’est déjà palpable à travers l’implication mise à préparer la rencontre sportive. »

Depuis la fin du mois d’octobre 2016, les lycéens de d’Alembert rythment en effet leurs semaines dans la perspective de la rencontre avec leurs homologues de Takhafi Tulkarem. Au programme : cours d’histoire ou préparation de tournois auto-arbitrés avec de jeunes élèves de CM2 d’Auber. « C’est un projet qui les motive », observe Julien Gout, leur prof d’EPS, « parce qu’ils mêlent leur passion du foot, l’envie de se confronter sportivement à d’autres footballeurs et la curiosité d’un échange avec des jeunes de leur âge. Surtout, ils se sentent investis d’une mission en allant dans un pays comme la Palestine avec une situation géopolitique particulière. Ils ont envie de comprendre et de faire comprendre, en rentrant, ce qui s’y passe vraiment, autrement que par le canal de la télé. »

Rendre visible la Palestine

Et pour cela rien de mieux que le terrain de sport, comme au début des années 80 celui du stade Delaune à Aubervilliers, qui fut l’hôte de la première équipe nationale palestinienne accueillie en France sous l’égide de la FSGT. « En fait, la Palestine, la FSGT et la Seine-Saint-Denis, c’est plus de 30 ans de relations soutenues », poursuit Clément Rémond. « En, montant ce projet «  Je joue, je rencontre le monde  », on ne fait que poursuivre nos actions d’échange et de partage construites au fil des années et répondre aussi à la demande de nos relais palestiniens de rendre visible la Palestine en France à travers le sport.  »

En s’appuyant évidemment sur les piliers de la « philosophie » FSGT. L’autoarbitrage lors des tournois organisés en Palestine sera, par exemple, une manière d’autonomiser les jeunes et leur apprendra à réguler de potentiels conflits. Avant cela, en France, des temps de présentation de la situation en Palestine ont permis de mettre en perspective l’histoire et l’actualité des lieux qui seront visités : Jericho, Jérusalem, Naplouse, Hebron entre autres.
En attendant d’y être, Anne Trincal, professeur d’EPS à Clichy en charge du groupe des six clichoises, et habituée des séjours en Palestine où elle a souvent joué les formatrices sportives pour la FSGT, a déjà perçu un changement s’opérer au sein de son petit groupe de handballeuses : « Les filles ont appris au contact des Palestiniennes qu’il ne fallait pas se limiter à ce qui se disait au journal télé, que les gens en Palestine étaient joyeux, vivants, malgré toutes les contraintes qui pèsent sur eux. »
Une première étape « parce qu’à partir du moment où l’avion va atterrir là-bas, on va aussi se mettre à leur place », pense déjà Océane. « Ce ne sera pas pareil qu’en France, il faudra s’adapter, mais j’ai vraiment envie de découvrir leur vie, de faire un vrai voyage… »

FSGT #93

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